mardi 18 juin 2013

[FILM] BEETLEJUICE

ARTICLE EN COOPERATION AVEC MERLIN

Salut les loulous, Merlin et moi avons décidé de vous parler de cet autre film cultissime de notre jeunesse (nous avions fait LEGEND pour ceux qui l'aurait raté), BEETLEJUICE. Un film de Tim Burton sorti en 1988 l'année de naissance de Merlin tiens éh éh. Moi j'avais 3 ans, donc on se doute que nous l'avons vu bien après, fin des années 90. Si le film avait atterri chez nous, c'est tout simplement parce que notre mère était fan de ce film. Un jour nous avions eu le droit de le regarder avec elle. Bon, moi j'avais été terrifié par la scène des mariés et Merlin avait été traumatisé par la scène où Beetlejuice sort du sol avec un manège tournant sur la tête xd. Ce qui nous a pas empêché de le revoir re re revoir. C'est le genre de film qu'on aime voir et revoir même si ca date, pas comme les déceptions que nous fait Burton depuis quelques années. Bref, Beetljuice va lancer sa carrière et nous donner un avant goût du meilleur de Burton.

Ca commence et ca claque: sur une vue en hauteur avec laquelle on avance à travers le paysage, accompagné par une musique festive qui nous donne l'impression que justement on avance avec elle tambour battant. D'ailleurs vous noterez que ce genre de vue en début de film sera réutilisé dans DARK SHADOW par exemple. On découvre un gentil couple, les Maitland, Adam bricoleur et maquettiste et sa femme Barbara une adorable femme au foyer. Tiens vous remarquerez que l'actrice choisi, Geena Davis, a de grand yeux, une caractéristique redondante (point que je kiffe, car je me sens moins seule) que l'on retrouvera sur de nombreuses actrices jouant dans les films de Burton (Winona Ryder, Christina Ricci, Mia WasikowskaHelena Bonham Carter). Le couple va mourir noyé en passant par dessus un pont et revenir dans notre monde, mais sous forme de fantômes. C'est là que commence cette superbe histoire:



La famille, les biens, les enjeux: Le couple ne peut plus sortir de la maison sous peine de faire face aux vers des sables qui peuplent le monde parallèle qui les jouxtent. Ils auraient pu s'en contenter si leur maison n'avait pas été vendu à la famille excentrique, les Deetz. Quand je dis excentrique, je pèse mes mots, encore que le père, Charles, me paraisse normal. Car la mère, Delia a quand même un sacré pète au casque. Et leur fille, Lydia, est obsédée par la mort. Très vite le couple habitué à la ville et au standing, va s'approprier la maison. On peut dire que les goûts de Delia sont assez spéciaux niveau artistique. Après, c'est évidemment dans le but de nous servir des scènes emblématiques comme lorsque les sculptures s'animent pour emprisonner les convives. Elle traîne toujours avec Oto, un décorateur d'intérieur. Dès lors, en plus d'être morts, Adam et Barbara perdent le seul repère qui leur restaient: leur maison. Cette maison symbole de leur union, de leur bonheur. Ils décident alors de prendre les devants sur les conseils avisés de Juno pour les chasser. Le problème c'est que malgré leurs efforts, seule Lydia parvient à les voir et elle n'a pas du tout peur d'eux. Elle devient même leur amie. Leur dernier recours, engagé un exorciste. Qui vous remarquerez tombe comme par hasard au bon moment, Beetljuice. Beetljuice est complétement déluré, pervers et manipulateur. Il avait élu domicile dans la maquette des Maitland et essayait tant bien que mal de dissiper son ennui. A partir de là, leurs ennuies vont s’amplifier et les groupes vont se former pour s'entrelacer: Délia et Oto des illuminés au service de l'Art qui veulent se débarrasser des fantômes ou en faire une attraction touristique. Adam, Barbara et Beetljuice qui veulent chasser la famille. Lydia et Charles qui subissent. Cependant, Lydia fonctionne toute seule aussi puisqu'elle défend les Mailand. Et Beetljuice lui joue double jeu puisqu'il veut la maison pour lui.

Beetljuice, c'est kitch, mais totalement assumer et voulu par Burton. Après, ca ne ce serait pas lui, je ne pense pas qu'on aurait cette même indulgence pour les décors, les effets spéciaux etc...


L'humour noir, la mort: Avec de pareil croisements entre les personnages, il était évident qu'il y aurait des situations comiques. Moi le 1er qui me frappa se sont les grattes papiers et fonctionnaires dans les bureaux de l'au-delas (le mec écrasé là xd, la tonne de formulaires, les files d'attente aux guichets). La scène où les Deets sont à table avec leurs amis est marrante à partir du moment où ils vont être possédés pour interpréter le musique géniale Day-O (Banana Boat Song) (cliquez dessus pour le voir) et finir la tête dans la main des queues de crevettes!
Voilà ce qui est surprenant dans le film Tim Burton, c'est se bouleversement qu'il y a dans la vision des morts. Car ici, les principaux acteurs sont les fantômes et non les vivants. Le monde des mort-vivants n’est plus effroyable car il prend des allures comiques. Et ce sont les vivants qui deviennent monstrueux et méchants. On pourrait se demander qui a le pire des comportements, les vivants ou les morts ? Ce qui est intéressant c’est que nous rentrons dans le quotidien des mort-vivants: on y voit nottemment que même mort, l’homme doit entre autre passer des heures dans l'administration. Il faut donc comprendre que ce film est un cliché qui exploite des clichés. Tim Burton à avoué que ce film était une parodie de L'EXORCISTE. Sachez aussi, qu'à la base le film devait être sanglant (mort atroce des Maitland, sévices envers les Deets, volonté de violer Lydia...). Perso, nous on pense que le film n'aurait pas eu un tel succès s'ils étaient restés sur cette voie. Un grand merci à Warren Skaaren pour cette version!


LE VISUEL: L’univers burtonien passe ici par l’esthétique et la musique. Cependant, ici ca en devient presque le moteur du film. A vraie dire, Burton donne plus l’impression de se concentrer sur les effets visuels que l’histoire. Même le maquillage et les costumes font souvent de l'ombre à l'histoire. Certains critiqueront les effets spéciaux kitshouilles mais il ne faut pas oublier que ça date des années 80 et pour ceux qui l’ont vu à cette période ou dans les années 90 comme moi, ça reste collé à la rétine. C’est comme le premier SOS FANTOMES, Vigo nous faisait peur, ou le sang dans la baignoire. En même temps, c’est ça l’univers de Burton, ce côté kitsh dans un morbide embellie. Un morbide qui devient beau, tellement il est esthétisé. Ce qui est de plus en plus travaillé dans ses films, on le voit nettement dans EDWARD AUX MAINS D'ARGENT par exemple. Ainsi son style me fait penser au cinéma expressionniste. La plupart des plans sont pensés comme image-décor et ne me dite pas le contraire, on pense à une photographie. Ce qui est omniprésent dans l’univers surréaliste de Burton, quand vous voyez un plan de SWEENY TODD, on retrouve les instincts de Beetlejuice et cette esthétique fascinante...


Venons en à la maison. Elle symbolise l’engrenage. Elle est l’un des enjeux dans l’histoire et si on ne reste pas à la surface du film, on s’aperçoit, ce n’est que mon interprétation (mais je suis d'acc avec toi Merlin) que la maison reflète la personnalité des propriétaires. Dans un premier temps, les 19 premières minutes pour être exact, la maison est lumineuse, une décoration coloré bien que vieillotte. Puis ils meurent, la maison devient poussiéreuse et Barbara et Adam ne peuvent plus en sortir... Je vais peut-être loin mais avec des amis on pense que l’on pourrait parler d’une mise en abyme. Dès le générique le ton est donné, nous faisons le tour du proprio, grâce à la maquette de la ville qui nous montre le trajet jusqu'à la maison.  La maison devient alors une boîte, elle devient un "jouet" comme la maquette. Dans un second temps, la famille Deetz, riche, excentrique, new yorkaise, débarque. L'univers de la maison change, mais le sujet de discorde est toujours le même: l'appropriation de la maison.

Une scène graphiquement marquante et qui donne le ton dans l’univers de Burton, c'est celle dans le couloir à l'allure infini  pour aller dans l’autre monde - enfin disons plutôt la transition - avec le balayeur. On nous montre un accès de ce qu’il y aurait après la mort selon Burton. Une question importante se pose: les Maitland sont accrochés à leur maison, pourquoi ? Plusieurs supposition, il n’y aurait pas après la mort ni de paradis ni d’enfer. Les esprits restent liés au monde des vivants. Ou bien, ils sont morts dans un accident donc ils n’ont pas le choix.


NOTE: 15.5/20




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